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Le projet resté …. projet depuis 2001

31-08-2013 22-03-44Le développement aussi vertigineux que rapide des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, l’hémogénie qu’elles se sont octroyées, dans tous les domaines et secteurs, et le phénomène de la mondialisation aidant, ont engendré un mouvement vers un projet de l’évolution de la société où les repères ont éclaté. De nouvelles pratiques, de nouveaux usages ont émergé, et surtout des remises en questions en chaines se sont imposées.

Une « culture numérique » s’est développée en phase avec l’évolution continue des Technologies de l’Information et de la Communication donnant naissance entre autres, à des notions comme « cyber espace », « cyber jeunes », « culture jeunes », « génération internet », et c’est cette dernière qui nous intéresse dans notre propos.

Les jeunes d’aujourd’hui sont nés et ont grandi avec l’audiovisuel, donc imprégnés d’une certaine « culture de l’écran ». Ils se sont approprié très vite Internet beaucoup plus rapidement et même plus facilement que les adultes. La familiarisation aux multiples « objets écrans » (téléviseur, moniteur, téléphone mobil, lecteurs audio vidéo, Ipod, etc.) semble ne poser aucun souci majeur pour les jeunes que ce soit dans la sphère domestique, au lycée, dans les pratiques médiatiques, culturelles et de loisirs.

C’est dans ce contexte général qu’en l’an 2001, il a été décidé à juste titre, de mettre en place une nouvelle stratégie de modernisation des Institutions de la jeunesse et ce :

  • En mettant après étude préalable, un projet pour développer les activités des Institutions de jeunesse intégrant les Technologies de l’Information et de la Communication.
  • En faisant des maisons des jeunes, des « Clubs de jeunes », pour répondre encore plus aux aspirations des jeunes, pour leur adhésion à la « Société de la connaissance » et la maitrise des nouvelles technologies.
  • En mettant en place des espaces d’apprentissage des langues étrangères.

Ces décisions sont en totale adéquation avec l’avènement des TIC et les nouveaux enjeux que ces derniers supposent dans tous les domaines. Les objectifs déclarés sont :

  • Faciliter le dialogue entre et avec les jeunes, leur inculquer les valeurs de la démocratie, leur facilité l’intégration dans la société civile.
  • Développer leur sens du patriotisme, de l’appartenance et l’enracinement identitaire.
  • Les inciter à l’initiative, la créativité, et la responsabilité.
  • Faciliter l’adhésion des jeunes à la société de la connaissance en maitrisant les TIC et les langues étrangères.

Ce projet de stratégie a impliqué et imposé une certaine métamorphose de l’Institution et a abouti à la création au sein des maisons des jeunes de quatre espaces spécialisés :

· Un espace « Information » spécialisé dans la collecte de toutes les informations susceptibles d’intéresser les jeunes ou de leur servir dans les domaines qui les intéressent (études, travail, loisirs, etc.)

· Un espace « Informatique et Internet » un « cyberespace » pour naviguer, chercher, et communiquer sur la toile.

· Un espace « langues », Espace d’apprentissage des langues pour communiquer dans un esprit d’ouverture sur les cultures étrangères, et une meilleure adhésion à la « Société de la connaissance ».

· Un espace « activités de loisirs », il englobe toutes les activités de loisirs (les excursions, la danse, la musique, théâtre, cinéma, etc.)

Les maisons des jeunes fonctionnent donc depuis le quatrième trimestre de l’année 2001 avec cette structure.

Si par hypothèse on admet que les Technologies de l’Information et de la Communication ont une contribution innovante à apporter aux dispositifs pédagogiques. Cela laisse supposer que les animateurs dans leur démarche primordiale de conception de ces dispositifs œuvrent pour une dynamique innovatrice, et surtout une adéquation avec l’évolution constante des TIC tout en tenant compte du jeune (objectif premier de l’animateur), de ses caractéristiques, de ses besoins et attentes, étant lui même influencé par une culture numérique toujours en mutation.

Il fallait donc opter pour la mise en place des jalons de nouvelles pistes d’approches pédagogiques qui tiendraient compte des caractéristiques, spécificités et objectifs de chaque acteur intervenant dans l’opération « animation socioculturelle » dont le centre et l’objectif sont le jeune.

Et de là proposer une stratégie pour une nouvelle dynamique des espaces Informatique et Internet, sous forme de projet pédagogique, qui profiterait de la richesse des technologies nouvelles.

En développant les activités des « espaces informatiques », en les diversifiant, il sera aisé des les ouvrir sur les autres espaces (information, langues, et loisirs) et ainsi faire de la maison des jeunes un espace éclaté et organisé en réseau qui sera « l’univers » de liberté du jeune, son espace d’expression et de création.

Ainsi non seulement on réussira à donner à l’institution maison des jeunes de nouvelles opportunités pour jouer pleinement son rôle, atteindre ses objectifs, et trouver sa place dans la « culture numérique », mais aussi de replacer l’animateur dans le cadre pertinent qu’il se devait d’occuper, et de là faire du jeune le centre de gravité de l’institution, son objectif premier.

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Une Rencontre où le Maitre Mot a été « Echanges »

affiche-molte9a-finalLa première rencontre autour de l’Information numérique dans les institutions (Etat des lieux et nouveaux horizons a tenu ses promesses :

· Une Rencontre dans le sens le plus juste du terme :

· Des animateurs de différents gouvernorats

· Des journalistes professionnels (presse, radio et télé)

· Des représentants de la Direction générale de la jeunesse

· Le Commissariat de la jeunesse et sport en la personne du chef de service et du sous-directeur de la jeunesse

· Deux inspecteurs (l’Inspecteur principal du district et l’inspecteur du gouvernorat)

Ce qui notable dans cette variété, ce n’est pas tellement la présence de tout ce « beau monde » mais leur participation active dans les travaux de la « Rencontre », une participation qui n’a rien de protocolaire, au contraire elle se situe au-delà de leurs statuts pour se retrouver au niveau de « simple » participants dans les débats et les cercles de discussions qu’ils soient formels (inscrits dans le programme) ou informels (pause-café, déjeuner, soirée…).

J’ose même affirmer que c’est une première, qui au-delà du fait qu’elle a rehaussé les débats et les échanges, a été un réel changement qui a rapproché les animateurs des responsables qui les entourent dans leur travail, a permis de « redorer » l’image de marque de nos institutions et du travail des animateurs, surtout quand on sait que les journalistes présents n’ont raté aucun débat et que les représentants de la Direction générale (présents une journée et demi) se sont impliqués à fond dans le programme. N’est-ce pas là, la meilleure preuve de la réussite de cette rencontre, et que ceux qui se sont absentés ont vraiment perdu quelque chose ?

Cri d’alarme d’un Animateur

Un long message a été posté sur Facebook par un animateur qui porte le pseudo de “Monachitt Nachit”, je le transpose ici pour le discuter sans les contraintes de Facebook et pour pouvoir aussi diffuser le tout le maximum possible.

Le Message :

[“bonjour
j’aime bien partager avec vous ma première journée au travail et à vous de juger c’était un jour du mois de Novembre 199…..
un samedi après midi…une maison des jeunes colorée par un bleu hôpital
celle qui m’a accueilli c’était la femme de ménage…. puis un collègue que j’ai oublié son nom le directeur n’était pas dans son bureau …quoi il n’était pas à la maison des jeunes une maison des jeunes déserte des jeunes sauf quelques enfants âgés de 10 et 11 ans qui baladaient dans les coins mon collègue était très content …en fin pour lui " inejem innakal " tant que je suis là c " el faraj jah" et dés les premiers 5 minutes il a commencé ses conseils tout en disant " tu sais c hkeya fergha el 5edma" "me tkallakech rouhek " "l’essentiel wrekek hadrin we el beki mouch mohim"
je regardais avec un mal intense dans la tête
c quoi wreki!!! et c qui foulen et felten dont il parle !!!
après quelques jours j’ai compris que wreki " c un cahier twil we a3rith"
et j’ai rencontré aussi quelques collègues qui me disaient la même chose
" isma3 el metfaked kif iji il mohem korrastek hadhra we el beki mouch mohem" el beki ye sadatti c a dire les jeunes!!! donc c pas si important d’avoir des jeunes dans une maison des jeunes !!! c pas si important pour un animateur des jeunes de rester sans jeunes !!! et avec le temps j’ai trouvé que klemhom shih !!! ceux qui donnent importance à ce machin cahier sont les plus notés ceux qui font la plagiat d’un cahier à un autre sont plus à l’aise parce que Me l’inspecteur ne sait pas qu’est ce que se trouve dans ce cahier …l’essentiel elly elkorrassa melyana !!!! et le Pauvre Monachit qui ne soigne pas l’apparence de son cahier !!! même si il a un groupe…même si il a des idées innovatrices!!! même si il est le roi des créateurs …ça c pas important …quand l’inspecteur débarque il lui demande seulement " el wethe2ik" l’inspecteur ne regarde jamais le groupe!!! les jeunes!!! et surtout il ne dit jamais " bravo ya3tik essaha" …il cherche tjrs les petites bettes pour embêter et dire voilà je suis là et je vois ce que tu ne peux pas voir!!! j’ai vu des animateurs que la maison des jeunes pour eux est un lieu de repos ( kortass kloub we kess thé ) …et le jour J ils ont eu + 2 je parle des faits réels … et après tout ca vous demandez à l’animateur " elly kalbou harkou a3la domaine " de travailler et de donner de son mieux désolé on a besoin de justice!!!!”]

Mes Remarques :

Le tableau peint par l’animateur est trop précis. Il est désolant, accablant, décourageant même. Mais il est tellement véridique, tellement réel.

La première journée d’un animateur, son premier contact avec la réalité du terrain, son premier contact avec ses collègues, sa première expérience qui va tout de suite confirmer ou infirmer ses rêves et ses espoirs.

Et le constat est :

  • Pas d’accueil, ce qui est fort dangereux pour l’arrivant parce que quelque part en lui, subsiste une certaine crainte, une certaine peur, une forte angoisse, et le fait que personne n’est là pour l’accueil ne peut que renforcer sa peur, son angoisse et ses inquiétudes.
  • Une première impression de désolation, une institution de jeunes sans jeunes.
  • Un animateur, un collègue, trop content de le voir, de voir surtout en lui la bouée de sauvetage qui va lui permettre de partir, d’obtenir sa mutation, et malheureusement qui en croyant expliquer l’état des lieux au nouveau arrivant, il lui assène coup sur coup toutes ses propres déceptions, ses contrevérités, et lui communiquer son défaitisme.
  • Un directeur absent. Oui il est directeur, il a tellement de choses à faire, que l’accueil d’un collègue lui parait comme secondaire. Ils auront tout le temps de se voir et surtout en l’absence de jeunes de parler à n’en plus en finir pour convaincre le nouveau qu’en optant pour ce travail, il a fait la plus grosse erreur de sa vie.
  • Le fait que l’institution est vide, que l’absence de jeune est flagrante et peut paraitre représenter un problème, n’est en fin de compte le souci de personne, le seul souci c’est la paperasse. Les fameux « Wathaeks ». Une autre contre vérité avec laquelle le nouvel animateur est asséné, rien ne compte seul le journal et les fiches, parce que c’est la chose qu’exige l’Inspecteur, Monsieur l’inspecteur.
  • L’inspecteur dépeint par l’animateur ne discute pas, n’accompagne pas, n’aide pas, ne forme pas, son seul repère, son seul souci, se résume dans la paperasse, c’est d’elle que tout dépend. Les compétences de l’animateur, son travail, ses réalisations, etc sont secondaires ou voire insignifiant si son journal est à jour et ses fiches colorées.

C’est grave, comment accepter qu’une nouvelle recrue soit accueillie par une image des plus désolantes de l’institution ? Comment accepter qu’on détruise les rêves de l’arrivant comme cela d’un coup ?

  • L’accueil est très important dans nos institutions, non pas seulement des nouveaux collègues, mais celle des jeunes et toutes les personnes qui un jour ou l’autre mettent leur pied dans la maison des jeunes. C’est l’une des cause de la faillite de notre système, et c’est surtout le directeur qui doit, avant toute personne en assumer la responsabilité.
  • On n’a pas le droit, aucun droit, de détruire les rêves des gens. On n’a pas le droit d’imposer notre point de vue comme le seul et ne souffrant aucune discussion, et comme venant d’un sage qui sait absolument tout. On n’a pas le droit de communiquer son désespoir à d’autres, surtout quand est la seule cause de son propre désarroi.
  • La paperasse n’est rien, rien de rien, et souvent c’est un tas de mensonge. La paperasse la vraie, celle qui sert, qui est utile est celle qui sera imposée par le projet de travail mit en place par l’équipe d’animation en collaboration avec les jeunes.
  • Malheureusement il est clair que trop trop de travail reste à faire, sans vraiment la certitude que les choses pourront évoluer.
  • Bir el Bey est au fond du gouffre, Le Ministère ne sait plus ou donner de la tête avec le problème de l’embauche (son seul souci), la Direction générale avec tous ses services patauge et attend….

Reste un seul espoir, oui un seul, le seul. Les Animateurs doivent se prendre en mains, mettre en place une concertation nationale, tout revoir, tout remettre en cause et de là faire des propositions concrètes, des propositions qui assureront le meilleur statut social de l’animateur parce que tout le reste viendra de lui-même.