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Le Jeune, jeunesse et motivations

14 novembre 2013 Laisser un commentaire

14-11-2013 14-22-12la jeunesse n’est pas un bloc naturellement homogène : rien ne permet d’affirmer que les jeunes partagent tous les mêmes désirs, ni que tous conçoivent les choses de la même façon.

À l’adolescence, le développement de la pensée et des capacités cognitives, initié durant l’enfance, se poursuit. Pour le psychologue Jean Piaget, célèbre pour sa théorie des stades de développement, qui caractérisent le processus menant à la pensée conceptualisée, l’adolescent entre 12ans et 15ans accède au stade de la pensée formelle et acquiert le raisonnement hypothético-déductif. Manipulant les concepts et les hypothèses, l’adolescent apprend à raisonner à partir des informations données (même verbalement) et à en déduire, de manière logique, les solutions recherchées.

L’adolescent devient capable de construire des projets et des théories, de favoriser les dimensions abstraites par rapport aux valeurs concrètes. Progressivement, il s’intéresse moins aux idées qu’aux relations qu’elles entretiennent. De plus, il prend peu à peu conscience qu’il a des convictions, des points de vue personnels, qu’il expérimente dans son environnement amical, scolaire ou familial. Toutes ces évolutions liées à la pensée formelle accompagnent le développement de fonctions cognitives comme la mémoire et le langage.

Les images parentales, idéalisées durant l’enfance, sont rejetées par l’adolescent. Son besoin de devenir un individu autonome, un être unique peut le pousser au conflit avec ses parents.

L’angoisse propre à cette période de changement est difficilement gérable par l’adolescent s’il ne se sent pas rassuré, estimé et valorisé. Pour cela, il ressent le besoin d’investir d’autres personnes. Il peut s’agir d’un substitutif (un animateur, un entraineur sportif, un enseignant, etc.), mais le plus souvent l’adolescent cherche des relations amicales, capables de lui procurer un sentiment de sécurité et de confiance réciproque.

L’adolescent vit donc un processus de séparation et d’individuation, qui modifie ses rapports avec sa famille. Son interlocuteur privilégié n’est plus le parent, mais le ou les amis, chez qui il recherche de nouveaux modèles. Les relations amicales prennent une place croissante dans sa vie.

L’importance prise par les amis permet à l’adolescent de découvrir un autre type de relation sociale moins hiérarchique et plus démocratique. Il construit avec eux un système de valeurs et de normes, dans une structure collective externe à celle dont il est issu, la famille.

Très souvent, il est intégré non à un groupe mais à plusieurs, et contrairement à l’enfance, devient ami avec des membres de l’autre sexe. L’adhésion aux principes du groupe aide l’adolescent à épanouir sa personnalité et à s’affirmer aux travers de nouvelles expériences

Les adolescents ont le besoin naturel de trouver leur propre identité. Ils doivent passer de la dépendance associée à l’enfance, à l’indépendance, et finalement, de l’autorité et du contrôle des parents à l’autonomie et la maitrise de soi.

L’affranchissement du contrôle adulte et la quête de sa propre identité constituent un stade normal et essentiel du développement de la personne. Ce stade engendre beaucoup de stress chez l’adolescent, qui doit renoncer à la stabilité et accepter une nouvelle image de lui-même.

Il est important pour les adolescents d’établir des rapports avec les autres ; c’est pourquoi l’opinion des amis semble souvent entrer en concurrence avec l’influence des parents[1]. Lorsqu’ils s’éloignent de leurs parents, les adolescents cherchent à se faire accepter des autres et veulent pouvoir créer leur propre environnement social.

L’influence des camarades est souvent perçue comme étant négative alors qu’en fait, elle est en grande partie positive. Les adolescents s’aident à demeurer dans la bonne voie.

Les adolescents peuvent être dérangés par les changements profonds qui s’opèrent en eux sur le plan intellectuel de même qu’au niveau de la personnalité et du statut social.

En tentant de s’adapter, ils peuvent se comporter de façon déconcertante pour les adultes. La réaction dépend en grande partie de l’interprétation qu’ils donnent à ces comportements. Ceux qui s’attendent à avoir des problèmes et qui prennent tout au pied de la lettre pourraient bien provoquer le conflit qu’ils redoutent. En étant bien renseignés sur l’adolescence et sur les défis qu’ils devront relever, les animateurs des maisons des jeunes peuvent réduire au minimum les frictions et aider les jeunes à s’épanouir sur le plan psychologique.

Les adolescents dissimulent souvent leur insécurité par rapport à leurs rôles sociaux ou à l’opinion que se font d’eux leurs camarades en se vantant et en se bagarrant. Ils croient peut-être que la meilleure défense est l’attaque. Ils parlent fort, se bousculent, ou plus simplement, défient les règlements en étant vaniteux. En groupe, ils font preuve d’indiscipline ; à la maison, ils « répondent » à leurs parents. Le défi et la contradiction sont des façons d’établir leur identité.

À cette époque de leur vie, les adolescents ont besoin d’être entourés non seulement de parents mais aussi d’autres adultes comme les animateurs socioculturels.

Enfin, les adolescents sont aujourd’hui des « experts » du numérique. Internet est pour eux une véritable vitrine identitaire. Ils y créent en effet des contenus où ils se racontent, les journaux intimes, et partagent leurs passions, ils y trouvent une certaine liberté qui les réconforte.

Motivation des jeunes

· Échapper au milieu familial, à ses contraintes, et vivre des expériences diverses, et entre autres mixte.

· Trouver une ambiance agréable où l’on puisse discuter et s’exprimer.

· Pratiquer des activités intéressantes avec des amis.

· S’engager et prendre des responsabilités diverses dans le groupe.

· Discuter, débattre, échanger, communiquer, controverser, contester, critiquer, sont des opérations absolument normales chez les jeunes.

· S’affirmer, confronter des idées, des expériences, tenter de voir clair dans ce qui pourrait donner un sens à leur existence.


[1] Renée B. Dandurand, "Jeunes et milieu familial", dans Une société des -jeunes?, sous la direction de F. Dumont, Institut Québécois de la Recherche sur la Culture, Québec, 1986,.

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