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“Al Karassa” de l’animateur ! et si le journal devient document !

Journal  forme ActuelleUn journal fustigé par les animateurs, exigé par les inspecteurs. Haï par les uns, vénéré par les autres.
Qu’en est-il ?
Chaque jour, l’animateur doit indiquer dans son journal, toutes les informations relatives à une séance d’animation prévue pour le lendemain (date, lieu, activité, nombre de jeunes, matériel, objectifs, déroulement). En réalité ce journal est inspiré de celui du professeur de lycée.
Le problème est que le professeur a un programme prévu et une progression décidée par des instances supérieures avec dates, durées et supports de cours. Mais l’animateur n’a rien de tout cela, il est amené à se projeter et à décider en partant de données aléatoires.

L’animateur ne sait pas si le lendemain serait exactement comme il allait le supposer,

  • une belle météo, (s’il pleut ou il vente, s’il fait beau ou gris, etc.)
  • des jeunes enthousiastes, qui ne passent pas des examens, qui n’ont pas de problèmes avec leurs parents, amis, ou professeurs, puis qui décideront de venir ou non à l’institution.
  • une journée sans problèmes de quelques natures que ce soit,
  • Et autres critères pour la réalisation de la séances qu’il avait imaginé (espace, matériel, problèmes personnels de l’animateur ou un quelconque état psychique).

Donc à ce niveau nous supposons que le journal “parle” d’un programme “prévu”, prévu par l’animateur.

Deux grand problèmes se posent à nous :

  • C’est l’Animateur qui décide de l’activité, de son déroulement et progression.
  • Que le journal ne peut en aucun cas devenir un document ni servir à quoi que ce soit. Dans son état actuel, le journal sert-il à quelque chose pour l’animateur, l’inspecteur, le jeune, l’administration, j’affirme que NON.

Le journal, dénigré par les animateurs est réalisé juste parce qu’il est exigé par l’inspecteur. Pire, le journal est la NEGATION DE L’ANIMATION SOCIOCULTURELLE, puisqu’il fait de l’animateur un professeur du secondaire, qui élabore son propre programme pour une technique qu’il a choisi lui même et qu’il réparti dans le temps de son propre chef, indépendamment de tout ce qui fait l’essence même de l’animation socioculturelle.

Alors si le journal est :

  • La négation même de l’animation socioculturelle
  • ne peut être en aucun cas considéré comme document puisque inexploitable
  • dénigré et refusé par l’animateur pour sa forme et son contenu
  • Exigé par l’inspecteur qui s’appuie dessus pour toute inspection (on a vu des inspecteurs suspendre une inspection rien que parce qu’ils n’ont pas trouvé de journal, ou qu’il n’était pas à jour).

Comment peut-on le garder (parce qu’il faut le garder, il est le “témoin” du travail pédagogique de l’animateur” mais en apportant des solutions à tous ses défauts actuels, c’est à dire :

  • le rendre intéressant pour l’animateur de par son contenu et sa forme
  • le transformant en document pédagogique important pouvant servir l’animateur, l’inspecteur ou toute autre personne dans une quelconque recherche
  • automatiser certaine partie pour éviter les redite et répétitions d’informations
  • le rendre accessible de n’importe où et n’importe quand, avec possibilité de partage et même de publications.

Deux propositions majeures :

  1. Rendre le journal numérique exploitant toutes les avantages de ce support (entre autre la possibilité d’impression papier, chère à beaucoup)
  2. Le journal est élaboré quotidiennement mais PAS AVANT LA SEANCE MAIS APRES. Que l’activité soit celle d’un club, ou d’une partie d’un projet, d’un atelier, d’une manifestation ou toute autre forme, il est beaucoup plus intéressant que l’animateur ne soit pas sous le joug d’un déroulement que lui seul a décidé, mais qu’au contraire qu’il soit à tout moment centré sur les jeunes et non sur la technique, pour pouvoir observer, écouter, analyser, proposer, débloquer, etc. Et c’est là le travail essentiel de l’animateur, donc nous supposons que chaque séance de travail apporte son lot “d’évènements” très importants à analyser par l’animateur.

Une fois la séance terminé, le journal sera prêt à recueillir des informations, analyses et observations très importantes qui feront de chaque “rapport” de séance un document exploitable non seulement par l’animateur lui même, par d’autres animateurs intéressés par l’expérience, mais aussi par son inspecteur ou d’autres inspecteurs pour des recherches, ou formations, ou journées pédagogiques puisqu’ils s’agit de données réelles sur une quelconque situation d’animation.

Et là le journal devient même un outil d’autoformation pour l’animateur, qu’il enrichi chaque jour par ses propres expériences mais aussi par les expériences de tous les animateurs qui partagent eux aussi leurs observations, analyses, conclusions, évaluations, propositions ou autres document rattachés au journal (autre possibilité offerte par le numérique).

Et l’inspecteur n’a-t-il pas là un excellent moyen d’évaluation réelle, objective et constructive qui rend non seulement compte du travail de l’animateur mais surtout de son évolution, progression dans son travail et aptitudes avérées.

Je développerai plus encore le journal sous sa forme proposée dans un prochain article, avec proposition d’une approche pratique.

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Le Jeune, jeunesse et motivations

14 novembre 2013 Laisser un commentaire

14-11-2013 14-22-12la jeunesse n’est pas un bloc naturellement homogène : rien ne permet d’affirmer que les jeunes partagent tous les mêmes désirs, ni que tous conçoivent les choses de la même façon.

À l’adolescence, le développement de la pensée et des capacités cognitives, initié durant l’enfance, se poursuit. Pour le psychologue Jean Piaget, célèbre pour sa théorie des stades de développement, qui caractérisent le processus menant à la pensée conceptualisée, l’adolescent entre 12ans et 15ans accède au stade de la pensée formelle et acquiert le raisonnement hypothético-déductif. Manipulant les concepts et les hypothèses, l’adolescent apprend à raisonner à partir des informations données (même verbalement) et à en déduire, de manière logique, les solutions recherchées.

L’adolescent devient capable de construire des projets et des théories, de favoriser les dimensions abstraites par rapport aux valeurs concrètes. Progressivement, il s’intéresse moins aux idées qu’aux relations qu’elles entretiennent. De plus, il prend peu à peu conscience qu’il a des convictions, des points de vue personnels, qu’il expérimente dans son environnement amical, scolaire ou familial. Toutes ces évolutions liées à la pensée formelle accompagnent le développement de fonctions cognitives comme la mémoire et le langage.

Les images parentales, idéalisées durant l’enfance, sont rejetées par l’adolescent. Son besoin de devenir un individu autonome, un être unique peut le pousser au conflit avec ses parents.

L’angoisse propre à cette période de changement est difficilement gérable par l’adolescent s’il ne se sent pas rassuré, estimé et valorisé. Pour cela, il ressent le besoin d’investir d’autres personnes. Il peut s’agir d’un substitutif (un animateur, un entraineur sportif, un enseignant, etc.), mais le plus souvent l’adolescent cherche des relations amicales, capables de lui procurer un sentiment de sécurité et de confiance réciproque.

L’adolescent vit donc un processus de séparation et d’individuation, qui modifie ses rapports avec sa famille. Son interlocuteur privilégié n’est plus le parent, mais le ou les amis, chez qui il recherche de nouveaux modèles. Les relations amicales prennent une place croissante dans sa vie.

L’importance prise par les amis permet à l’adolescent de découvrir un autre type de relation sociale moins hiérarchique et plus démocratique. Il construit avec eux un système de valeurs et de normes, dans une structure collective externe à celle dont il est issu, la famille.

Très souvent, il est intégré non à un groupe mais à plusieurs, et contrairement à l’enfance, devient ami avec des membres de l’autre sexe. L’adhésion aux principes du groupe aide l’adolescent à épanouir sa personnalité et à s’affirmer aux travers de nouvelles expériences

Les adolescents ont le besoin naturel de trouver leur propre identité. Ils doivent passer de la dépendance associée à l’enfance, à l’indépendance, et finalement, de l’autorité et du contrôle des parents à l’autonomie et la maitrise de soi.

L’affranchissement du contrôle adulte et la quête de sa propre identité constituent un stade normal et essentiel du développement de la personne. Ce stade engendre beaucoup de stress chez l’adolescent, qui doit renoncer à la stabilité et accepter une nouvelle image de lui-même.

Il est important pour les adolescents d’établir des rapports avec les autres ; c’est pourquoi l’opinion des amis semble souvent entrer en concurrence avec l’influence des parents[1]. Lorsqu’ils s’éloignent de leurs parents, les adolescents cherchent à se faire accepter des autres et veulent pouvoir créer leur propre environnement social.

L’influence des camarades est souvent perçue comme étant négative alors qu’en fait, elle est en grande partie positive. Les adolescents s’aident à demeurer dans la bonne voie.

Les adolescents peuvent être dérangés par les changements profonds qui s’opèrent en eux sur le plan intellectuel de même qu’au niveau de la personnalité et du statut social.

En tentant de s’adapter, ils peuvent se comporter de façon déconcertante pour les adultes. La réaction dépend en grande partie de l’interprétation qu’ils donnent à ces comportements. Ceux qui s’attendent à avoir des problèmes et qui prennent tout au pied de la lettre pourraient bien provoquer le conflit qu’ils redoutent. En étant bien renseignés sur l’adolescence et sur les défis qu’ils devront relever, les animateurs des maisons des jeunes peuvent réduire au minimum les frictions et aider les jeunes à s’épanouir sur le plan psychologique.

Les adolescents dissimulent souvent leur insécurité par rapport à leurs rôles sociaux ou à l’opinion que se font d’eux leurs camarades en se vantant et en se bagarrant. Ils croient peut-être que la meilleure défense est l’attaque. Ils parlent fort, se bousculent, ou plus simplement, défient les règlements en étant vaniteux. En groupe, ils font preuve d’indiscipline ; à la maison, ils « répondent » à leurs parents. Le défi et la contradiction sont des façons d’établir leur identité.

À cette époque de leur vie, les adolescents ont besoin d’être entourés non seulement de parents mais aussi d’autres adultes comme les animateurs socioculturels.

Enfin, les adolescents sont aujourd’hui des « experts » du numérique. Internet est pour eux une véritable vitrine identitaire. Ils y créent en effet des contenus où ils se racontent, les journaux intimes, et partagent leurs passions, ils y trouvent une certaine liberté qui les réconforte.

Motivation des jeunes

· Échapper au milieu familial, à ses contraintes, et vivre des expériences diverses, et entre autres mixte.

· Trouver une ambiance agréable où l’on puisse discuter et s’exprimer.

· Pratiquer des activités intéressantes avec des amis.

· S’engager et prendre des responsabilités diverses dans le groupe.

· Discuter, débattre, échanger, communiquer, controverser, contester, critiquer, sont des opérations absolument normales chez les jeunes.

· S’affirmer, confronter des idées, des expériences, tenter de voir clair dans ce qui pourrait donner un sens à leur existence.


[1] Renée B. Dandurand, "Jeunes et milieu familial", dans Une société des -jeunes?, sous la direction de F. Dumont, Institut Québécois de la Recherche sur la Culture, Québec, 1986,.

La Maison des jeunes.

[Si vous voulez écouter au lieu de lire]

 
Nous traiterons de la maison des jeunes en tant que tout, c’est-à-dire l’ensemble des espaces, parce que c’est cet environnement qui conditionne l’action animation.

1. Rôles et fonctions

La maison des jeunes est un espace ouvert aux jeunes sans distinction aucune. Un espace d’accueil, avec des animateurs et des programmes d’activités qui sous entendent des moyens et des outils mais surtout des objectifs bien précis, en rapport direct et exclusif avec le jeune (son développement psychosocial sous toutes ses formes). La Maison des jeunes étant le troisième milieu dans lequel évolue le jeune, le premier étant la famille, et le lycée, le deuxième.

Une maison des jeunes se forge à l’image du milieu dans lequel elle évolue. « la clientèle » n’est jamais la même et la communauté est en constante mouvance. On travaille en symbiose, en continuité, avec le milieu. Ce qui perdure, c’est la priorité octroyée à l’implication des jeunes et au dépassement de soi. On intervient sur les jeunes pour que ceux-ci en viennent à intervenir.

Dès lors, la prise en charge s’effectue en partie grâce à la structure qui préconise un équilibre des forces en présence. Les jeunes devant y occuper autant de place que l’administration et l’équipe d’animation.

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En plus d’être ouvert, l’espace appelle son appropriation par les jeunes. Cette appropriation s’effectue de deux manières ; on parle d’une appropriation physique et une appropriation morale. L’appropriation physique sous-tend une appropriation morale. En partie, de la première découle la seconde. Par appropriation physique, on entend que les jeunes peuvent, à la condition que ce soit fait de façon rationnelle, organiser les lieux comme ils l’entendent. La disposition des lieux, la couleur des murs sont le reflet de ce que sont les jeunes de la maison.

Grâce aux animateurs et à l’organisation des activités, les adolescents sont amenés à prendre connaissance de leurs capacités. C’est ainsi qu’entrent en jeu les notions d’auto prise en charge et d’autoréalisation. Mais encore, lorsqu’on parle de démarche vers l’autonomie, on entend travailler en fonction des choix que les adolescents doivent effectuer, et faire en sorte qu’ils prennent plus de place, ce qui n’est pas toujours facile.

La maison des jeunes étant investie d’un rôle aussi important que celui du lycée sa philosophie est tournée vers le développement de l’adolescent, de ces capacités.

Elle se veut une tribune pour les jeunes, son but ultime est d’arriver à ce que les jeunes qui la fréquentent se prennent en main, atteignent ce qu’on peut appeler le "statut de vrai citoyen". Pour cela elle se doit de permettre aux adolescents d’apprendre ce qu’est la vie communautaire et lui permettre de s’impliquer dans le vécu de la communauté.

2.Fonctionnement

Pour atteindre ses objectifs, la maison des jeunes offrent un service d’animation donnant l’aide nécessaire à la réalisation de diverses activités reliées à l’accueil, à l’information, l’accompagnement, la prévention, la formation, et les loisirs.

La prévention s’y exerce par le biais de dépistage, d’activités d’information, et par aide directe. Le tout est exécuté dans une optique où le jeune s’intègre à son milieu.

Une constante se dégage, le cadre d’intervention doit être flexible pour permettre aux animateurs d’être disponibles et à l’écoute du vécu des jeunes. Le tout devant s’exercer sans qu’il n’y ait de contraintes institutionnelles, les jeunes fréquentant les maisons sur une base volontaire.

Les pratiques des maisons des jeunes mettent en lumière le fait qu’on dispose des outils nécessaires pour inciter les jeunes à se prendre en main. Elles se doivent d’être en mesure de le faire, mais encore, elles se doivent d’en avoir la volonté. Dans ce dessein, ce qui prime, ce sont les jeunes.

Cette prise en charge de la jeunesse se fait par divers moyens. C’est ainsi qu’on parle de démarche vers l’autonomie.

On parle souvent du manque de mobilisation des jeunes, de leur individualisme. À défaut de pouvoir se tourner vers un organisme ou une personne aidant, les jeunes se centrent sur eux. Cela n’est pas sans rendre difficile le travail des animateurs. Pour parvenir à attirer et soutenir leur attention, il faut faire preuve de patience et d’invention. En fin de compte, ces jeunes reçoivent plus d’une maison de jeunes que ce qu’ils lui demandent.

L’implication des jeunes ne va pas de soi ; il faut aller les chercher. Attirés à la maison des jeunes parce qu’elle est un lieu de rencontre, ils considèrent ses autres caractéristiques étant accessoires.

C’est davantage par le dialogue que par l’action qu’on prévoit inciter le jeune à se prendre en main. On veut permettre aux jeunes d’avoir un comportement critique vis-à-vis des choix qu’ils doivent faire. Par l’écoute et la discussion, on pousse l’adolescent à mener plus loin son analyse. On ne se contente pas d’agir que lorsqu’un jeune vit une période de crise, on force la discussion.

Pour permettre le développement des adolescents, les maisons des jeunes mettent l’accent sur deux volets : L’un axé sur l’organisation et la réalisation d’activités récréatives, et l’autre sur l’information.

C’est par le développement de leurs capacités que les adolescents pourront se prendre en main. S’ils agissent, c’est dans un cadre où ils sont libres. Les animateurs s’évertuent donc à aider et à trouver des moyens pour que les adolescents puissent atteindre l’objectif ultime qu’est la prise en main par les jeunes. On pense alors à l’organisation d’activités, à l’écoute, au renforcement positif.

L’organisation de l’intervention à partir des programmes apparait, dans le contexte des maisons des jeunes, l’approche la plus favorable afin d’assurer une centration sur les besoins des jeunes.

Les programmes proposés sont planifiés en fonction de la mission de l’institution et des besoins des jeunes adhérents (notamment, parce qu’ils sont planifiés dès le départ à partir d’une évaluation des besoins et attentes).

Les besoins du jeune, ses attentes deviennent le paramètre décisif de l’organisation, de la programmation et de la distribution des tâches.

Dans cette logique, les animateurs, et les activités proposées sont « au service » des programmes et non l’inverse.

Cette approche assure de l’activité spécialisée parce que les jeunes « cibles » sont bien identifiées et qu’une conception de l’intervention à l’égard de ces jeunes se trouve définie.

L’approche par programme facilite l’identification des priorités et en ce sens favorise la pertinence des actions. Elle permet de clarifier la définition des objectifs de travail avec les partenaires lors de la planification des activités et favorise la cohérence en se développant en liens étroits avec la mission des maisons de jeunes.

Sa logique constitue également un véhicule mieux adapté au dialogue entre les animateurs, elle offre donc une voie privilégiée au développement des connaissances sur leurs interventions.

Enfin, elle permet d’offrir des « services » moins aléatoires, davantage ciblés.

L’approche par programme comporte aussi ses exigences. Elle demande une planification soutenue et constante. Une planification qui permet de s’assurer de la cohérence des actions, c’est-à-dire de l’adéquation entre les actions et la mission de l’institution.

Cette approche oblige aussi à procéder à une analyse continue des besoins afin de pouvoir offrir toutes les pistes possibles, s’assurant ainsi de la pertinence des actions, c’est-à-dire l’adéquation entre les besoins, les attentes et les actions proposées.

Puis, elle nécessite le soutien systématique au développement des programmes, lequel ne peut plus s’effectuer au gré des initiatives personnelles. Dans ce contexte, le soutien apporté au développement vise à canaliser la créativité des animateurs dans un projet qui soit pertinent, assumant ainsi une direction au développement du programme. Ce choix s’accompagne, en outre, d’un impératif d’évaluation des actions en regard duquel doit s’appliquer une rigueur méthodologique.

3. Objectifs généraux de la maison des jeunes

Il apparait indispensable de développer une pédagogie qui mette en œuvre des outils adéquats pour susciter l’Esprit d’Entreprendre chez les jeunes dans les divers domaines.

Il s’agit là de la pierre angulaire de toute intervention. Où l’on met en interrelation l’écoute et l’action.

Cette pierre angulaire du travail se situe au niveau de l’apprentissage par les jeunes, signifiant l’acquisition :

  • D’un outillage personnel suffisant ;
  • D’une expérience légitime du pouvoir de dire et de faire ;
  • D’une amélioration des relations avec les autres ;
  • D’une participation à la vie communautaire ;
  • D’une possibilité réelle de choisir entre plus d’un modèle ;
  • D’un goût à mobiliser ses énergies (à faire, à créer, à bâtir ;
  • D’un sens à ses actions, ses valeurs propres.
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Cri d’alarme d’un Animateur

Un long message a été posté sur Facebook par un animateur qui porte le pseudo de “Monachitt Nachit”, je le transpose ici pour le discuter sans les contraintes de Facebook et pour pouvoir aussi diffuser le tout le maximum possible.

Le Message :

[“bonjour
j’aime bien partager avec vous ma première journée au travail et à vous de juger c’était un jour du mois de Novembre 199…..
un samedi après midi…une maison des jeunes colorée par un bleu hôpital
celle qui m’a accueilli c’était la femme de ménage…. puis un collègue que j’ai oublié son nom le directeur n’était pas dans son bureau …quoi il n’était pas à la maison des jeunes une maison des jeunes déserte des jeunes sauf quelques enfants âgés de 10 et 11 ans qui baladaient dans les coins mon collègue était très content …en fin pour lui " inejem innakal " tant que je suis là c " el faraj jah" et dés les premiers 5 minutes il a commencé ses conseils tout en disant " tu sais c hkeya fergha el 5edma" "me tkallakech rouhek " "l’essentiel wrekek hadrin we el beki mouch mohim"
je regardais avec un mal intense dans la tête
c quoi wreki!!! et c qui foulen et felten dont il parle !!!
après quelques jours j’ai compris que wreki " c un cahier twil we a3rith"
et j’ai rencontré aussi quelques collègues qui me disaient la même chose
" isma3 el metfaked kif iji il mohem korrastek hadhra we el beki mouch mohem" el beki ye sadatti c a dire les jeunes!!! donc c pas si important d’avoir des jeunes dans une maison des jeunes !!! c pas si important pour un animateur des jeunes de rester sans jeunes !!! et avec le temps j’ai trouvé que klemhom shih !!! ceux qui donnent importance à ce machin cahier sont les plus notés ceux qui font la plagiat d’un cahier à un autre sont plus à l’aise parce que Me l’inspecteur ne sait pas qu’est ce que se trouve dans ce cahier …l’essentiel elly elkorrassa melyana !!!! et le Pauvre Monachit qui ne soigne pas l’apparence de son cahier !!! même si il a un groupe…même si il a des idées innovatrices!!! même si il est le roi des créateurs …ça c pas important …quand l’inspecteur débarque il lui demande seulement " el wethe2ik" l’inspecteur ne regarde jamais le groupe!!! les jeunes!!! et surtout il ne dit jamais " bravo ya3tik essaha" …il cherche tjrs les petites bettes pour embêter et dire voilà je suis là et je vois ce que tu ne peux pas voir!!! j’ai vu des animateurs que la maison des jeunes pour eux est un lieu de repos ( kortass kloub we kess thé ) …et le jour J ils ont eu + 2 je parle des faits réels … et après tout ca vous demandez à l’animateur " elly kalbou harkou a3la domaine " de travailler et de donner de son mieux désolé on a besoin de justice!!!!”]

Mes Remarques :

Le tableau peint par l’animateur est trop précis. Il est désolant, accablant, décourageant même. Mais il est tellement véridique, tellement réel.

La première journée d’un animateur, son premier contact avec la réalité du terrain, son premier contact avec ses collègues, sa première expérience qui va tout de suite confirmer ou infirmer ses rêves et ses espoirs.

Et le constat est :

  • Pas d’accueil, ce qui est fort dangereux pour l’arrivant parce que quelque part en lui, subsiste une certaine crainte, une certaine peur, une forte angoisse, et le fait que personne n’est là pour l’accueil ne peut que renforcer sa peur, son angoisse et ses inquiétudes.
  • Une première impression de désolation, une institution de jeunes sans jeunes.
  • Un animateur, un collègue, trop content de le voir, de voir surtout en lui la bouée de sauvetage qui va lui permettre de partir, d’obtenir sa mutation, et malheureusement qui en croyant expliquer l’état des lieux au nouveau arrivant, il lui assène coup sur coup toutes ses propres déceptions, ses contrevérités, et lui communiquer son défaitisme.
  • Un directeur absent. Oui il est directeur, il a tellement de choses à faire, que l’accueil d’un collègue lui parait comme secondaire. Ils auront tout le temps de se voir et surtout en l’absence de jeunes de parler à n’en plus en finir pour convaincre le nouveau qu’en optant pour ce travail, il a fait la plus grosse erreur de sa vie.
  • Le fait que l’institution est vide, que l’absence de jeune est flagrante et peut paraitre représenter un problème, n’est en fin de compte le souci de personne, le seul souci c’est la paperasse. Les fameux « Wathaeks ». Une autre contre vérité avec laquelle le nouvel animateur est asséné, rien ne compte seul le journal et les fiches, parce que c’est la chose qu’exige l’Inspecteur, Monsieur l’inspecteur.
  • L’inspecteur dépeint par l’animateur ne discute pas, n’accompagne pas, n’aide pas, ne forme pas, son seul repère, son seul souci, se résume dans la paperasse, c’est d’elle que tout dépend. Les compétences de l’animateur, son travail, ses réalisations, etc sont secondaires ou voire insignifiant si son journal est à jour et ses fiches colorées.

C’est grave, comment accepter qu’une nouvelle recrue soit accueillie par une image des plus désolantes de l’institution ? Comment accepter qu’on détruise les rêves de l’arrivant comme cela d’un coup ?

  • L’accueil est très important dans nos institutions, non pas seulement des nouveaux collègues, mais celle des jeunes et toutes les personnes qui un jour ou l’autre mettent leur pied dans la maison des jeunes. C’est l’une des cause de la faillite de notre système, et c’est surtout le directeur qui doit, avant toute personne en assumer la responsabilité.
  • On n’a pas le droit, aucun droit, de détruire les rêves des gens. On n’a pas le droit d’imposer notre point de vue comme le seul et ne souffrant aucune discussion, et comme venant d’un sage qui sait absolument tout. On n’a pas le droit de communiquer son désespoir à d’autres, surtout quand est la seule cause de son propre désarroi.
  • La paperasse n’est rien, rien de rien, et souvent c’est un tas de mensonge. La paperasse la vraie, celle qui sert, qui est utile est celle qui sera imposée par le projet de travail mit en place par l’équipe d’animation en collaboration avec les jeunes.
  • Malheureusement il est clair que trop trop de travail reste à faire, sans vraiment la certitude que les choses pourront évoluer.
  • Bir el Bey est au fond du gouffre, Le Ministère ne sait plus ou donner de la tête avec le problème de l’embauche (son seul souci), la Direction générale avec tous ses services patauge et attend….

Reste un seul espoir, oui un seul, le seul. Les Animateurs doivent se prendre en mains, mettre en place une concertation nationale, tout revoir, tout remettre en cause et de là faire des propositions concrètes, des propositions qui assureront le meilleur statut social de l’animateur parce que tout le reste viendra de lui-même.